La série des « Auras », que ce soit en peinture, sculpture ou pour une commande publique interroge cette relation entre le dedans, l’intérieur de l’être, sa pensée et le monde extérieur. L’auréole, objet abstrait, de la peinture religieuse byzantine jusqu’à la  Renaissance accompagne le développement de la représentation réaliste. Elle correspond à un espace inframince nous entraînant dans une autre dimension. Représentation d’un objet conceptuel, d’un espace divergent dans la figuration de plus en plus naturaliste de la peinture de Giotto entre autres, elle ouvre sur un monde mental imaginaire et religieux, une autre dimension. Un monde irréel est intimement juxtaposé à une représentation de plus en plus réaliste de la réalité. Elle n’est pas une représentation mais la présentation symbolique d’une idée, l’idée de sainteté. Elle articule le terrestre et le divin. Dans un espace perspectiviste en train de se construire, où le monde devient une succession d’éléments mesurables, un espace non mesurable s’ouvre, un espace immatériel.

« L’aura c’est l’apparition d’un lointain quelque proche que puisse être ce qui l’évoque, l’aura se rend maîtresse de nous »

  1. Benjamin (L’œuvre d’art à l’ère de sa reproductibilité technique)