Photographier la peau et laisser les contours hors champ, elle devient géographie. Elle suggère sans dévoiler, fait naître l’érotisme de la ville exprimée par son passé culturel, sa mémoire. L’apparition d'un désir qui ne peut être satisfait dans l'immédiat. La ville et son histoire qui lui « colle à la peau » acquièrent cette dimension lors de leur découverte par la marche. Elle se dévoile ou se révèle, une révélation toute mentale qui résiste. Des contradictions qui deviennent questionnements, paradoxes : chaud/froid, présence/absence, présent/passé, vivant/mort, individu/collectif, anonymat/renommée, corps/pensée, peau/mur, nature/culture, géographie de la peau/histoire de la ville...
La ville est avant tout une construction culturelle, mentale, sensible, une vibration de l’histoire dans son écrin architectural. Un instrument de musique qu’il faut savoir écouter. Marcher dans la ville, c’est évoluer sur
« la peau de la ville ». « La rêverie du promeneur solitaire » parcourant une dimension particulière de l’espace urbain. Les cités sont des récits qui constituent nos personnalités, nos histoires, nos rêves. Ils construisent une approche poétique de la complexité du monde, fondent nos identités charnelles et psychologiques.